10 bonnes raisons d’aller à Cuba
- Et une bonne raison pour ne plus pouvoir y revenir:

"On ne m’a pas notifiée que j’étais interdite de séjour à Cuba, mais je pense que je le suis"
Selon Americagora, Bérengère Ruet, 22 ans, étudiant en Master 2 à Sciences Po Paris a fait la “malheureuse expérience de la répression” qu’exerce le régime castriste contre les voix dissidentes…
Il y a plusieurs commentaires qui me choquent dans le témoignage de cette jeune femme qui, outre le fait d’avoir commis quelques imprudences et transgressé la loi (faire un travail avec un visa touristique) alors qu’elle avait été prévenue (”Je sais que les journalistes sont souvent expulsés lorsqu’ils interviewent des dissidents et un policier m’avait prévenu que tout travail journalistique était interdit“), démontre également une méconnaissance du terrain sur lequel elle s’est aventurée. Croit-elle sincèrement en ce qu’elle dit lorsqu’elle affirme “elle [l'opposition] a peu de moyens, et souhaite surtout rester indépendante, sans être sous la tutelles des ONG, comme Amnesty International ou des Cubains de Miami, ou encore des Etats-Unis.” Waouh… !! Bérengère sait-elle que ce sont des millions de dollars que le gouvernement américain a dépensé chaque année au profit de cette opposition ?
Un peu de documentation et un tout petit travail de recherche n’aurait pas fait de mal à Bérengère avant son départ et surtout, lui aurait très certainement évité quelques désagréments et nous aurait épargné de ses déclarations un peu hâtives.
- Cuba : réformistes contre talibans ? A lire sur Risal.
- “Le reste du monde devrait suivre la voie de Cuba, car seule une vaie révolution énergétique globale nous rendra capables d’affronter les affreux problèmes environnementaux auxquels le monde fait face aujourd’hui.” Telle est la conclusion de cet article sur la Révolution Énergétique de Cuba paru sur Changement de Société.
- Bon alors, et les 10 bonnes raisons d’aller à Cuba ? C’est Youvox qui nous les présente.
(photo publiée sur Americagora)
6 commentaires »
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“Le reste du monde devrait suivre la voie de Cuba” … euh, oui, on pourrait aussi tous devenir Amish, ce serait une saine idée pour protéger l’environnement ;o
Est-ce que le fait de connaître les risques doivent empêcher de mener à bien un projet? Dans mon cas, renseignée ou pas j’étais de toute façon décidée à rester jusqu’au bout pour voir où les autorités étaient prêtes à aller. Quant à mon “travail journalistique” il n’en était pas un puisque tout ce que je faisais était d’aller au domicile de gens et de parler avec eux. Depuis quand est-il interdit dans un Etat libre de parler avec des individus? En quoi cela représente-t-il un délit? Ah oui, c’est vrai que vous êtes convaincus que les dissidents reçoivent des millions…pour une personne qui a l’air si bien “renseignée” sur Cuba, la croyance à cette fable qui date bien des années 60 me choque aussi quelque peu…mais bien-sûr c’est un débat.
Chère Bérengère,
Si vous souhaitez apporter vos arguments à ce débat que vous mentionnez, cet espace est le vôtre. Je vais commencer, si vous me le permettez, par quelques chiffres:
45,7 millions de dollars pour l’année 2007-2008: c’est le budget voté le 21 juin 2007 par la Chambre des Représentants étasunienne pour l’année 2007-2008 à destination des « dissidents » cubains.
Source:
http://www.voltairenet.org/article150434.html
Comme vous le constatez, nous sommes très loin des années 60 et de la fable.
Pour la forme, des petits extraits et un petit lien supplémentaire. Vous connaissez les “Dames en blanc”, pas vrai ? Martha Beatriz Roque et les « Dames en blanc » recevaient des émoluments à hauteur de 1 500 dollars par mois – presque 100 fois le salaire moyen à Cuba ! – de la part de l’organisation Rescate Jurídico (RJ) de Floride.
Beatriz Roque, Laura Pollán, Vladimiro Roca, Elizardo Sánchez, etc… (la liste est longue) ont tous confirmé l’existence d’un financement de la part des États-Unis.
Le droit international interdit formellement le financement d’une opposition interne par une autre nation. De la même manière, un tel acte est illégal non seulement à Cuba mais dans n’importe quel autre pays du monde. Tous les codes pénaux punissent sévèrement toute association avec une puissance étrangère dans le but de porter atteinte aux intérêts de la nation, que ce soit aux États-Unis, en France, en Espagne, en Belgique, en Italie, en Suisse, en Suède ou partout ailleurs…
Source:
http://www.voltairenet.org/article157276.html
Si vous avez des documents pour démentir, je vous répète que cet espace est le vôtre.
Effectivement se rendre dans un pays sans le connaitre, la fleur au fusil, c’est risqué: et non Cuba n’est pas un grand club de salsa! Et puis question censure on ferait mieux, nous français, de balayer devant notre porte… Informez-vous!
C’est vrai que , quand on lit l’interview de Berengère sur Americagora, on est frappé par le degré d’amateurisme, d’impréparation et de méconnaissance du pays que l’on pressent : “j’étais partie pour des recherches sur le travail “informel” à Cuba” puis “j’ai décidé d’orienter mon travail sur le thème de la vie quotidienne des dissidents” ; c’est vraiment “Tintin à Cuba” !!
par contre présenter les opposants Cubains comme des mercenaires à la solde des Etats Unis comme le fait Salim Lamrani, cité par David, c’est, à mon avis, injuste et faux.
Lamrani parle de 47,5 millions de dollars votés en juin 2007 à destination des dissidents Cubains; certes mais c’est en 1990 (17 ans plus tôt!!) que Marta Beatriz Roque, prof d’Economie à La Havane, a été exclue de l’Université pour avoir critiqué les chiffres officiels!! C’est depuis 1992 qu’Elizardo Sanchez, ancien prof de philosophie à La Havane, dénonce les atteintes aux libertés civiles.Ils ont fait de la prison, ils sont la cible incessante de brimades, de harcèlements en tous genres, de “repudios” (agressions “spontanées”, organisées à leur domicile)…
Je crois qu’il faut reconnaitre que ces gens sont de véritables opposants de longue date qui, secondairement, ont été approchés et soutenus financièrement par les Etats Unis, et non pas des mercenaires créés de toutes pièces pour fomenter des troubles. On peut considérer qu’ils ont eu tort d’accepter ce soutien intéressé; certes. Mais, totalement exclus du système, quel autre choix avaient-ils vraiment dans un pays où l’opposition est interdite? C’est bien plus cette interdiction de pluralité organisée qui pousse les opposants dans les bras etasuniens que la vénalité qu’on voudrait leur prêter .
[...] Là aussi c’est gros, surtout quand personne n’est en face pour répondre (le cas Bérengère) [...]