Panamian connection

Par David le 15/11/2007 dans: Entreprendre à Cuba | Tags :, , , , ,

Je ne l’ai su que plus tard, mais j’ai bossé sous couvert d’un type recherché par la CIA. Ca pourrait être le titre ou l’accroche du prochain Gérard de Villiers mais c’est plutôt ce qui résume une étape de ma vie d’entrepreneur à Cuba et une étrange rencontre, bien loin des projets en cours mais finalement assez proche de l’actualité…

C’était en 1999, j’avais à peine 30 ans, je me lançais dans les affaires à Cuba avec un associé en créant une société off-shore, CBM International. Nous n’avions alors ni bureau, ni ordinateur, ni fax… seulement la conviction que dans ce pays tout est possible à tout moment. Par l’intermédiaire d’un contact, nous sous-louons pour 600 $ par mois un bureau d’environ 12m² dans une immense villa du quartier de Siboney convertie en bureaux d’affaires d’une société vénézuelienne. Le boss de cette société était un panaméen plutôt discret. Malgré l’incommodité du lieu (nous devions maintenir nos communications téléphoniques à la réception, depuis le standard, sous le regard suspect et quelques fois interrogateur de la réceptionniste, panaméenne et épouse du boss), nous y sommes restés environ 6 mois. Pendant ce semestre passé aux côtés de « Chalo », j’ai appris à connaître un peu plus le personnage : réfugié à Cuba fin 1989, il avait du fuir son pays en proie à l’imminente invasion américaine. Le gouvernement cubain lui donna alors une autorisation spéciale pour s’installer et monter son affaire à Cuba; son bureau transformé en show room ressemblait à un véritable supermarché : on trouvait de tout, de l’huile de tournesol à la clé de 12 en passant par le concentré de tomates et les fournitures de bureaux. De façon certaine, il était doué pour les affaires et savait s’entourer de bons commerciaux. Nous avons du réaliser quelques opérations commerciales pendant cette période, rien d’exceptionnel, nous occupions surtout notre temps à convaincre des entreprises françaises d’être leurs représentants sur le territoire. Deux ou trois d’entre elles nous ont suivi et moyennant quelques frais de fonctionnement qui nous permirent de quitter ces 12m², nous abandonnions la villa de Siboney pour devenir indépendants en s’installant dans des bureaux un peu plus grands dans ce qui s’appelait à ce moment la Zone Franche de Berroa.

Le pas était franchi, les affaires se présentaient, j’étais rentré dans le monde du commerce international grâce à une rencontre bien particulière dont peu de mes compatriotes présents à Cuba peuvent se targuer : ni plus ni moins que sous couvert de Chalo, ex militaire panaméen recherché par la CIA et bras droit du général Manuel Antonio Noriega.

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3 commentaires »

  • Tu dois être dans les listes sur Cuba de la CIA, alors, et de la DCI cubaine aussi! (Département de Contre-Intéligence). Je sais de quoi je parle. Bon courage!
    Entonces, debes estar en las listas de la CIA que hablen de CUBA y también en la de la Contra Inteligencia cubana! Exito!
    Tu y la Yohani Sanche son lo mismo?

    Commentaire par Jesus — 30/04/2010
  • Jesus, il n’y a aucun doute que je sois dans les listes, lesquelles je ne sais pas mais le fait d’y être ne présente aucun doute (surtout dans les listes cubaines).
    Y para lo otro: Yoani es una persona, yo soy otra.

    Commentaire par David — 30/04/2010
  • Incroyable cette histoire, j’adore ce genre d’anecdote croustillante :)

    Commentaire par Aurelien — 29/05/2010

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